Open Street Map : Une alternative à Google Maps ?

Open Street Map : Une alternative à Google Maps ?

21 septembre 2018 Innovation 0

À l’heure où Google revoit sa politique tarifaire pour l’exploitation des données et des cartes Google Maps, la solution open source créée par l’informaticien britannique Steve Coast offre une alternative intéressante.

Open Street Map peut remplacer Google Maps, mais ne propose pas d’imagerie aérienne (MapBox offre une couche d’imagerie raster satellite distincte, en partenariat avec Digital Globe). En outre, comme tout projet collaboratif, les données OSM ne doivent pas être utilisées « telles quelles » sans au moins une évaluation sommaire de la qualité. Les contributeurs ne sont pas tous expérimentés, ni tous équipés des mêmes appareils. La précision des points d’intérêts (bâtiments publics ou remarquables, magasins…) n’est pas homogène. En pratique, les villes de plus de 10 000 habitants ont toutes les chances d’être décrites précisément – et ce d’autant plus que certaines d’entre-elles reversent gracieusement leurs données au projet. Des sociétés de service, comme OSLandia, ont développé des outils d’estimation de la qualité fondées sur des heuristiques d’analyse des métadonnées – par exemple, plus un contributeur est ancien, plus il est expérimenté, plus ses contributions sont fiables. Pour les petites villes rurales, cependant, le discours est tout autre. Même si les équipes d’OSM France ont eu accès au cadastre, et celles des Pays-Bas ont bénéficié du reversement gracieux de toutes les données d’une entreprise spécialisée, certaines zones ne sont que très grossièrement décrites : en Europe, OSM exploite par exemple le référentiel Corine Land Cover, qui cartographie l’« occupation du sol » (forêts, vergers, eau, urbain…), mais avec une précision de l’ordre de 10 à 20 mètres seulement.

La dernière question à se poser est celle de l’actualisation des données. Si le projet OSM, malgré son faible budget, ne semble pas en danger de disparaître tant sont nombreuses les entreprises qui en dépendent, la mise à jour des données repose, elle, entièrement sur les volontaires. Or, ceux-ci vont et viennent au gré des envies, disponibilités, déménagements. Nulle garantie, donc, que telle ville, qui était impeccablement tenue à jour, continue à l’être éternellement. La situation peut se figer du jour au lendemain, sans préavis et sans réel moyen de contrôle. À l’heure où Open Street Map monte en puissance, cette question épineuse reste l’un des points d’achoppement du projet.

Reste que Open Street Map n’est pas la seule alternative possible à Google Maps. Si les cartes à générer se limitent à la France, les API WMTS du Géoportail, le portail géographique de l’IGN, sont également à considérer. Certes, les données de l’IGN mettent parfois un peu de temps à refléter les évolutions du terrain, mais au moins, elles sont homogènes sur tout le territoire français. ❍

Article paru dans le magazine L’Informaticien n°169.

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